
Il n’est pas simple de parler de soi lorsque la place que l’on préfère est dans l’ombre. Mais comment pourriez-vous me raconter votre vie à vous si je ne vous ai pas dévoilé un peu de ma vie à moi ?
Vive les virages !
Née au début des années 70 dans le Morbihan, j’ai passé une belle jeunesse à Lorient. J’en suis partie pour des études de lettres d’abord, puis de droit et enfin d’écologie. En bonne bretonne, je n’ai pas hésité à suivre le vent de Vannes vers Strasbourg via Rennes et Montpellier. Puis un retour en Morbihan où j’ai mis toute l’énergie de ma jeunesse et de mes convictions au service de la préservation d’un littoral d’exception.
J’ai osé prendre des chemins de traverses lorsque le besoin de changement est devenu impérieux. Un burn-out, une reconversion en maraîchage bio, qui rebondit vers la création d‘une entreprise artisanale, qui m’amènera vers une belle parenthèse en pays de chocolat, devenir maman à 42 ans… Autant de détours et de folies qui m’ont enrichie et ont forgé celle que je suis devenue.
Puis à 50 ans, une évidence s’impose au détour d’une rencontre et d’un atelier d’écriture : enfin libérée d’une autocensure tenace, je m’autorise enfin à mettre les mots au cœur de mon existence, à les laisser venir à la lumière, alors qu’ils m’ont toujours discrètement accompagnée auparavant. Un nouveau virage, une formation de lectrice correctrice et une entrée dans le monde de l’écriture pour les autres …
Alors dites-moi tout !
« Alors dites-moi tout ! », c’est avec ces mots qu’a commencé ma carrière de correspondante locale du Télégramme en 2024 dans le Morbihan.
Mais, si cette phrase a tout son sens, elle s’est quand même vite révélée frustrante dans la réalité quotidienne d’articles calibrés. Bien des rencontres m’ont donné envie d’en apprendre davantage et de consacrer plus de temps à découvrir mon interlocuteur du moment. J’ai également pris conscience que j’aurais dû la prononcer plus tôt avec des personnes qui sont aujourd’hui parties, et dont je sais bien moins que je ne l’aurais souhaité.
C’est de cette envie d’en savoir plus et du regret d’avoir laissé passer le temps qu’est née l’envie de donner à d’autres cette possibilité (je dirais même cette chance !) de se raconter.
S’exprimer pour témoigner, transmettre des valeurs, donner une explication, raconter une idée folle, un tour du monde, une victoire personnelle… Chacun recèle une richesse insoupçonnée, la vedette d’un jour qui sommeille ou un héros du quotidien qui s’ignore.
L’envie de dire suffit à légitimer un projet de livre et j’aime l’idée d’être le bras armé d’un porte-mine 0.9mm par lequel elle pourra prendre forme. Et parce que l’on ne s’improvise pas biographe, j’ai suivi avec passion la formation Devenir biographe.
La biographe que je souhaite être
Mes amis, peu nombreux mais sincères, font confiance à mon oreille et à mon empathie. Ils savent aussi que jaillira certainement une pointe d’humour qui nous fera éclater de rire malgré tout ! Mes qualités d’écoute active et mon sens de l’observation, la maîtrise de la langue ainsi que des qualités rédactionnelles sont des atouts bien sûr pour être biographe.
Mais, au-delà de ces compétences techniques indispensables, quelle biographe voudrais-je réellement être ?
« Tout simplement » celle dont on se passe le nom en souriant, comme on donne à ses amis une bonne adresse de restaurant, de chocolatier ou d’un plombier fiable.
De ces artisans dont on dit « Tu peux y aller en toute confiance, j’ai passé un très bon moment, rieuse et sérieuse, elle a compris mes attentes, je suis ravi(e) du résultat, il me ressemble tellement et tout le monde me le dit ! »







